La Prairie des Fleurs
Cet automne, avec Vincent de Au Fil des Saisons, nous avons commencé à préparer le champ nord pour qu’il devienne une prairie de fleurs sauvages indigènes. Notre première tâche a été d’arracher les mûres et la renouée qui envahissaient la zone près du manoir. Ensuite, Vincent a dégagé une autre grande étendue de ronces où nous avons découvert, enfoui sous les lianes, un petit mur de bois de chauffage — probablement une corde de bois. Notre ami James, en visite depuis Paris, s’est aussitôt proposé pour déplacer le bois vers les zones de stockage, libérant complètement l’espace.

Nous avons sélectionné une palette de plantes indigènes adaptées aux prairies bretonnes : marguerites, centaurées, achillées, knauties, silènes, sauges, vesces et carottes sauvages. Ces espèces, robustes et mellifères, formeront une prairie vivante et évolutive, accueillant abeilles, papillons et oiseaux tout au long de l’année.
Bien que plusieurs plantes déjà présentes autour du manoir — comme le laurier‑cerise, le rhododendron, le châtaignier ou encore l’ajonc — fassent partie du paysage actuel, elles ne sont pas adaptées à une prairie fleurie. Ce sont des arbres, des arbustes ou des plantes de sous‑bois, qui ont leur place dans les haies, les bordures ou les zones ombragées, mais pas dans un milieu ouvert destiné aux fleurs indigènes. La prairie sera donc implantée autour de ces végétaux existants, en respectant leur présence tout en créant un espace cohérent, lumineux et favorable aux plantes herbacées locales.
Dégagement de la pente
La renouée et les ronces ont été arrachées, révélant enfin la forme réelle du terrain et les souches enfouies sous la végétation.

Sol mis à nu pour la prairie
Avec les broussailles et les débris enlevés, la surface est enfin dégagée et prête à accueillir les semis de la future prairie fleurie.

Retrait du bois accumulé
En nettoyant autour des souches, nous avons découvert un ancien tas de bois, soigneusement retiré pour ouvrir l’espace et assainir le sol.

Au fil des saisons, cette prairie fleurie deviendra un véritable refuge pour la biodiversité. Les fleurs indigènes offriront nectar et pollen aux abeilles domestiques et sauvages, tandis que les papillons, syrphes et autres pollinisateurs y trouveront une ressource essentielle. Les tiges hautes et les herbes fines serviront d’abri à une multitude d’insectes, et les graines nourriront les oiseaux en automne. À mesure que le milieu s’installe, il attirera aussi des petits mammifères, des amphibiens et une foule de micro‑organismes qui enrichiront le sol.
Nous espérons voir émerger un paysage vivant, changeant, vibrant de couleurs et de mouvements — un espace où la nature reprend sa place, où les cycles écologiques se rééquilibrent, et où chacun peut observer, au quotidien, la beauté d’un écosystème qui se reconstruit. Cette prairie n’est pas seulement un projet horticole : c’est une invitation à laisser la terre respirer, à accueillir le sauvage, et à redonner au domaine une part de sa richesse naturelle.

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